Pression à l’achat, mécanismes qui retiennent l’enfant devant l’écran, contacts avec des inconnus : l’autorité norvégienne des médias vient de publier un rapport sévère sur Roblox, la plateforme de jeux la plus utilisée par les 9-12 ans dans le pays. Ses constats valent aussi pour les familles françaises, et ils donnent aux parents comme aux animateurs des repères concrets pour accompagner les enfants.
Les points :
Que dit le rapport norvégien ? #
Selon la radio-télévision publique NRK, le Medietilsynet a mené l’étude avec l’institut Respons Analyse. Il a analysé quatre jeux très populaires sur la plateforme : Adopt Me, Brookhaven RP, 99 Nights in the Forest et Clip It. Les chercheurs ont aussi interrogé douze familles et croisé leurs observations avec l’enquête nationale « Barn og medier 2026 ».
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La directrice de l’autorité, Mari Velsand, résume le constat en trois formes de risque, rapporte le site Tek.no. Pour elle, les contrôles parentaux ne suffisent pas, et c’est la conception même des services qui doit changer.
La pression pour acheter #
Roblox fonctionne avec une monnaie virtuelle, les Robux, que l’on gagne en jouant ou que l’on achète avec de l’argent réel. Le rapport décrit des achats fréquents : tenues et accessoires pour l’avatar, « game passes » qui donnent un avantage dans la partie. Plusieurs jeux reposent sur une logique où payer permet de gagner plus vite.
Tek.no cite un exemple parlant : racheter une vie avec des Robux au moment où l’enfant vient de perdre. L’achat se fait sur le coup de l’émotion, sans temps de réflexion. Le rapport relève aussi des « loot boxes », ces achats dont on ne connaît pas le contenu à l’avance, que l’autorité rapproche des jeux d’argent.
Des jeux conçus pour ne pas s’arrêter #
Deuxième risque : le design. Certaines parties ne peuvent pas être mises en pause, d’autres font perdre toute la progression en cas d’échec, d’autres encore rendent l’enfant indispensable à ses coéquipiers. Résultat : quitter le jeu pour passer à table devient un vrai conflit.
Le cas de Clip It inquiète particulièrement. Selon NRK, ce jeu reproduit le fonctionnement de TikTok : vidéos qui défilent sans fin, profils, commentaires, abonnés. Un enfant qui n’a pas accès aux réseaux sociaux se retrouve ainsi exposé à leurs mécanismes à l’intérieur d’un jeu. Mari Velsand note que les parents n’ont aucune prise sur des procédés comme les événements limités dans le temps.
Le contact avec des inconnus #
Sur Roblox, on joue souvent sur des serveurs partagés avec des joueurs que l’on ne connaît pas. Le rapport rappelle que ce contact fait partie du fonctionnement normal de la plateforme. Il décrit aussi des contournements : des enfants créent des comptes secondaires avec un âge plus élevé pour accéder à des fonctions comme le chat vocal.
Interrogée par NRK et Tek.no, la société Roblox n’avait pas réagi au moment de leurs publications, Tek.no précisant qu’elle souhaitait d’abord lire le rapport en entier.
Ce que la Norvège veut changer #
Le gouvernement norvégien prépare une limite d’âge de 16 ans pour les réseaux sociaux. D’après Tek.no, la ministre Lene Vågslid estime que Roblox, sous sa forme actuelle, serait concernée : les jeux vidéo n’auront pas d’exemption générale. NRK ajoute que le gouvernement a annoncé vouloir interdire les loot boxes.
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Comment en parler avec les enfants #
Interdire du jour au lendemain un jeu que pratique toute la classe crée souvent plus de frustration que de protection. Le rapport invite plutôt à comprendre ce qui se passe à l’écran. Jouer une partie avec son enfant, lui demander de montrer son avatar et ses achats, c’est déjà repérer les mécanismes décrits par les chercheurs.
Quelques règles simples aident au quotidien : pas de moyen de paiement enregistré sur le compte, une somme fixée à l’avance si l’on accepte des achats, et un moment de fin de partie annoncé avant de commencer plutôt qu’imposé en plein jeu. Pour les animateurs et les éducateurs, ce rapport est aussi un bon support d’atelier : expliquer aux enfants ce qu’est une loot box ou pourquoi un jeu les pousse à revenir les rend plus libres face à l’écran.
Le rôle des associations et des accueils de loisirs
Les structures qui accueillent des enfants ont une carte à jouer : proposer des temps de jeu collectifs, en vrai ou à l’écran, où l’on parle de ce qu’on vit en ligne. Un enfant qui sait nommer la pression à l’achat la repère mieux quand elle se présente.
Questions fréquentes #
À partir de quel âge Roblox est-il accessible ?
Tek.no indique que la plateforme est ouverte dès 7 ans, avec une vérification d’identité demandée à partir de 13 ans pour certaines fonctions.
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Le contrôle parental suffit-il ?
Selon l’autorité norvégienne, non : il ne couvre pas tout et ne donne aucune prise sur la conception des jeux. Il reste utile, mais il ne remplace pas l’accompagnement.
Ce rapport concerne-t-il la France ?
Il porte sur des enfants norvégiens, mais Roblox et les jeux étudiés sont aussi accessibles en France : les mécanismes décrits peuvent donc concerner les enfants français.




